Les
thés Kusmi 140 ans d’histoire
1867-2007 :
la maison de thé Kousmichoff
Pavel à Saint-Petersbourg 1867
Fils
aîné d'une simple famille paysanne russe, Pavel Michaïlovitch Kousmichoff, né
en 1840, quitte à l'âge de 14 ans son village natal et s'en va à pied chercher
du travail à St Pétersbourg. Il est engagé comme simple livreur dans un magasin
de thé.
Le directeur de ce magasin découvre bien vite les qualités surprenantes de ce
garçon, qui ne sait ni lire ni écrire et décide de s'en occuper. Il lui donne
une éducation et l'initie au commerce et aux secrets des mélanges de thé.
Pour son mariage, il offre à son protégé, maintenant âgé de 27 ans, un petit magasin
au 45 de la rue Sadovaïa, avec un appartement au premier étage. C'est ainsi que
nait en 1867 la maison de thé P. M. Kousmichoff. Dix ans plus tard il possède
déjà quatre magasins.
Pavel devient alors un notable de Saint Petersbourg. Il monte encore deux autres
magasins de thé. En 1901 il agrandit son affaire de cinq boutiques
supplémentaires et y ajoute un grand immeuble, dans lequel il place toute sa
famille. Il est alors très riche, sa société se plaçant parmi les trois plus
grosses de Russie, qui est à l'époque le deuxième importateur mondial de thé !

Viatcheslav à Londres 1907
Après
ses études au collège, Pavel envoie son fils aîné, Viatcheslav, se familiariser
avec le thé à Londres. Celui-ci commence comme stagiaire sur les docks chez un
correspondant de la maison russe puis débute dans les affaires en ouvrant en
1907 la succursale anglaise P.M. Kousmichoff & Sons. A cette époque la City
est le centre mondial du commerce du thé. De nombreuses maisons de thé russes
s'y installent pour développer leurs affaires. Viatcheslav devient un grand
spécialiste du thé, ayant profité de ses années londoniennes pour parfaire les
connaissances acquises auprès de Pavel.
De retour en Russie et après le décès de son père en 1908, Viatcheslav prend la
direction de l'affaire familiale.
En 1911, la société ouvre son premier magasin dans le centre de Kiev et un grand
magasin dans le centre de Moscou. Toutes ces boutiques ont existé jusqu'à la
Révolution. A la même époque la maison de thé P.M. Kousmichoff & Sons est
primée à l’Exposition Internationale de Londres. Au fait de sa gloire, la
maison comptera jusqu'à 51 magasins répartis dans toutes les villes de Russie.

Arrivée à Paris 1917
En
1916, pressentant un désastre, Viatcheslav transfère une partie de sa fortune
au bureau de Londres et crée à Paris en 1917 la maison Kusmi-Thé. La société Kousmichoff
a maintenant son activité principale à Paris, au 75 de l'avenue Niel, dans
d'anciennes écuries, où Viatcheslav poursuit le développement de l'entreprise
(c'est encore à cette adresse que 87 ans plus tard, on peut encore venir
acheter du thé Kusmi !) et ouvre un salon de thé au 11 bis de l'avenue Victor
Hugo.

L'entre-deux-guerres à Berlin 1927
Les
années d'entre-deux-guerres voient l'entreprise familiale, déjà devenue grande,
prospérer. Elle ouvre des bureaux et des dépôts à New York, Hambourg,
Constantinople, Belgrade et Zagreb. Mais son principal négoce hors de France se
porte maintenant à Berlin, où elle tient magasin au 9 de la Mühlenstrasse à
Schöneberg. En 1927, l'entreprise reçoit d'ailleurs la médaille d'or à
Hambourg. La même année elle obtient la médaille d'or à l'Exposition Culinaire
et Gastronomique de Paris.
Les affaires prospèrent jusqu'à la déclaration de la guerre en 1939. Viatcheslav
Kousmichoff décède en 1946, laissant à son fils Constantin la succession de
l'entreprise familiale affaiblie par la guerre. Mais Constantin n'a pas la même
fibre des affaires que son père et son grand-père. Il tente tant bien que mal
de maintenir l'entreprise à flots mais y parvient de moins en moins bien. Dans
les années cinquante et soixante, il se voit donc contraint de fermer un à un
les bureaux à l'étranger ainsi que le salon de thé de l'avenue Victor Hugo. En
1972, au bord de la faillite il cède l'affaire dans des conditions détestables
et finira dans le plus total dénuement. Il décèdera en 1985.
Dans les années qui suivent, la société Kousmichoff continue de commercialiser les
thés Kusmi Tea avec des fortunes diverses. En 2003, les frères Orebi rachètent
Kousmichoff. Ils reprennent le flambeau pour perpétuer la tradition instaurée
par Pavel, Viatcheslav et Constantin Kousmichoff et développer le rayonnement
international de la marque Kusmi Tea.
140 ans après sa création, la Maison Kousmichoff retrouve une présence
internationale forte.

1867-2007
: Les thés Kusmi
Lorsque
Pavel arrive à 14 ans chez le marchand de Saint Petersbourg, il ignore tout de
l’origine du thé. Il s’initie donc au thé tel qu’il est importé en Russie dans
la seconde moitié du XIXème siècle. Tout d’abord importé de Chine, le thé vient
maintenant également d’Inde. La grande particularité du thé en Russie est qu’il
est importé par voie terrestre et qu’ainsi il évite les ravages de l’humidité
causés par les voyages maritimes. Il est donc très sec et d’excellente qualité.
Le jeune homme apprend donc à déguster les thés du Yunnan au gout de terre humide,
les thés de Keemun faibles en théine et donc parfaits pour le soir. Il découvre
les thés forts d’Assam et les thés fins de Darjeeling et apprend petit à petit
à les mélanger dans toutes les combinaisons possibles pour satisfaire chaque
client. En Russie où depuis des siècles le thé est une boisson nationale et où
le rite du samovar est rentré dans les mœurs, les marchands de thé, grâce à
leur goût fin et recherché, avaient atteint une telle perfection dans le choix
des espèces que leurs mélanges, réputés dans le monde entier, prirent le nom de
thés russes ou mélanges russes.
Lorsqu’il s’installe à son compte, il a 13 ans de maison derrière lui, ce qui lui confère
une solide expérience et une connaissance approfondie de tous les thés qui
entrent en Russie. Il offre à ses clients une grande variété de thés de Chine
et d’Inde puis à partir de 1890 de Ceylan qui devient un important producteur.
Sa large gamme se partage entre les thés d’origine pure, les mélanges de thés
nature et les thés aromatisés aux agrumes, grande spécialité russe puisque ces
fruits permettaient d’adoucir un thé parfois âpre en goût.
Pavel crée, au cours des années, une quantité de mélanges destinés à chaque goût ou à
chaque moment de la journée. La plupart de ces mélanges existent encore et
confèrent toute sa richesse à la gamme des thés Kusmi.

Il
commence par numéroter ses créations, ce qui nous permet aujourd’hui de les
dater sans trop de difficulté. Ainsi l’on trouve dans l’ordre les Grands Yunnan
N°12 et 21, le Goût Polonais N°18, d’abord nature puis, beaucoup plus tard,
aromatisé à la bergamote et au citron, le Thé du Matin N°24 dans son paquet
rouge, le N° 27 au goût anglais, devenu l’English Breakfast, ou encore le
Darjeeling N°37. Le Thé du Soir N°50 dit Caravane qui a été nommé d’après les
caravanes de 200 ou 300 chameaux qui rapportaient le thé de Chine avant
l’avènement du train transsibérien en 1900. Ces thés ont été les premiers
proposés par la maison de thé Kousmichoff entre 1867 et 1880. La numérotation
simple nous permet de nous retrouver avec le N°108, Bouquet de Fleurs qui date
dans son paquet doré de 1880. C’est le thé que buvait le tsar jusqu’à la
Révolution.
Tous les ans, à l’occasion des fêtes de Noël et du nouvel an russe, Pavel offre à
ses clients un mélange spécial appelé Prince Wladimir qui marie avec un rare
bonheur, agrumes vanille et épices. Ce mélange fut créé par lui en 1888 pour
fêter les 900 ans de la fondation de la Sainte Russie par Wladimir le Grand.
C’est aujourd’hui la même recette, conservée par les enfants de Viatcheslav,
qui fait la renommée du plus prisé des thés de Kusmi Tea.
Plus tard Viatcheslav créera à Londres vers 1910 les mélanges Windsor et Victoria,
toujours vendus aujourd’hui. C’est là-bas qu’il donne à Kusmi Tea une culture
anglaise qui permettra à la marque de plaire autant au monde anglo-saxon.
Son arrivée à Paris marquera un tournant dans l’histoire de Kusmi en faisant entrer
la Maison dans le monde de la gastronomie. Viatcheslav, qui est un fin gourmet,
se familiarise avec les arômes alimentaires de l’époque et crée toute une gamme
de thés parfumés. Le thé Kusmi est d’ailleurs couronné à plusieurs reprises
dans nombre d’expositions internationales pour la perfection de ses mélanges.
Viatcheslav, puis Constantin créeront une multitude de mélanges aromatisés dont le plus
célèbre restera Anastasia, créé en l’honneur de la Grande-duchesse Anastasia,
fille cadette des Romanoff, âgée de 17 ans lors de l’exécution de sa famille et
dont la légende voudrait qu’elle ait survécu au massacre. Egalement fruit de
leur imagination, Traktir, légèrement fumé et épicé, Madras, Ile Maurice ou
Boston.
Enfin, de création plus récente, beaucoup de nouveaux mélanges sont venus enrichir la
gamme des thés Kusmi. Le Kashmir Tchai, mélange d’épices et de thé, le Thé Vert
à la Menthe, le thé au Chocolat-Epices, spécialement créé pour le Salon du Chocolat,
Le Saint-Pétersbourg créé en 2003 pour le tricentenaire de la ville. Le Vert
Gingembre-Citron qui devient un grand classique, est l’une des meilleures
ventes de Kusmi Tea au même titre que la toute nouvelle gamme de thés orientés
vers la santé comme le Rooibos Vert Bio, l’Algothé ou le Déthéiné aux Agrumes.

Distribution
Etablie
à Paris depuis 1917, Kusmi Tea est une référence de bon goût, au savoir-faire
unique, où se mêlent art gustatif et créativité. Résolument modernes, les thés
Kusmi sont plébiscités par les amateurs et les passionnés, et distribués à
travers le monde dans une sélection d’épiceries fines haut de gamme, dans les
grands hôtels et les lieux les plus tendance tels que la Grande Epicerie du Bon
Marché, Lafayette Gourmet, Le Printemps, Drugstore Publicis, Hôtel de Crillon,
Hôtel Meurice, Hôtels du Groupe Lucien Barrière, Restaurants de Joël Robuchon.
Les thés Kusmi sont aussi distribués au Danemark, en Allemagne, en Autriche, en
Belgique, au Canada, aux Etats-Unis, au Japon, au Royaume-Uni et en Russie.